Pour présenter des résultats statistiques selon les normes APA, indiquez le test utilisé, les degrés de liberté, la statistique, la valeur p, la taille d’effet et une interprétation liée à votre hypothèse. Le texte doit dire ce que montre l’analyse sans répéter tout le tableau ni transformer une différence statistique en preuve absolue.
Comment présenter des résultats statistiques dans un travail universitaire selon les normes APA
Vous avez enfin obtenu les sorties de votre logiciel statistique, mais le tableau SPSS, Jamovi, R ou Excel ressemble plus à une décharge de chiffres qu’à un paragraphe utilisable. Vous savez qu’il faut présenter des résultats statistiques, mais vous hésitez entre tout copier, tout simplifier ou écrire une phrase vague du type « les résultats sont significatifs ». C’est souvent là que le chapitre de résultats perd en crédibilité : le test est peut-être correct, mais la rédaction ne montre pas clairement quelle hypothèse a été examinée, quels chiffres comptent vraiment, ni ce que le lecteur doit retenir. Pour un travail de licence, de baccalauréat ou de master dans une université francophone, le défi n’est pas de décorer les résultats avec du jargon APA ; c’est de transformer une sortie statistique en preuve lisible.
Pour présenter des résultats statistiques selon les normes APA, annoncez le test, donnez les valeurs nécessaires — statistique de test, degrés de liberté, valeur p, taille d’effet et parfois intervalle de confiance — puis formulez une interprétation courte liée à l’hypothèse. Un bon paragraphe ne répète pas chaque cellule du tableau : il sélectionne les chiffres qui répondent à la question de recherche et les commente avec prudence.
Dans ce guide
- Quels chiffres faut-il donner pour présenter des résultats statistiques selon les normes APA
- Comment passer d’une sortie logicielle à une phrase APA lisible
- Comment présenter un test t APA sans surcharger le paragraphe
- Comment présenter une corrélation APA de manière correcte
- Comment présenter une régression APA dans un travail de licence ou de master
- Comment choisir entre texte, tableau et figure pour rédiger des statistiques en APA
- Quelles erreurs les étudiants font-ils souvent quand ils présentent des résultats statistiques
- Comment relier les résultats statistiques à la question de recherche
- Comment vérifier son chapitre de résultats avant de passer à la discussion
Quels chiffres faut-il donner pour présenter des résultats statistiques selon les normes APA
Pour présenter des résultats statistiques en APA, donnez uniquement les informations qui permettent au lecteur d’évaluer le test : le type d’analyse, la statistique, les degrés de liberté quand ils existent, la valeur p, la taille d’effet et les statistiques descriptives utiles. Ajoutez une phrase d’interprétation qui répond à l’hypothèse sans exagérer la portée du résultat.
Les éléments minimaux à rapporter
La statistique de test est la valeur produite par l’analyse, par exemple t, r, F ou β. Elle indique la force du signal statistique selon le modèle utilisé.
La valeur p indique la probabilité d’obtenir un résultat au moins aussi extrême si l’hypothèse nulle était vraie. Elle ne mesure pas la probabilité que votre hypothèse soit vraie.
La taille d’effet estime l’ampleur pratique du résultat. Selon l’analyse, vous pouvez utiliser d de Cohen, r, R², η² ou une autre mesure demandée par votre enseignant.
L’intervalle de confiance donne une plage plausible pour un paramètre, par exemple une différence moyenne ou un coefficient. Il est très utile lorsque votre faculté attend une présentation plus complète que la seule valeur p.
Un résultat APA ne se limite donc pas à « significatif » ou « non significatif ». Dans un mémoire de master en psychologie sur le stress perçu et la qualité du sommeil, écrire seulement « le stress influence le sommeil » ne suffit pas. Le lecteur doit savoir quel test a été fait, avec quelles variables, et quelle ampleur le résultat suggère.
Le rôle des statistiques descriptives
Avant un test inférentiel, les statistiques descriptives donnent le contexte : moyenne, écart type, effectif, fréquence, médiane ou pourcentage selon le cas. Si vous comparez deux groupes, indiquez souvent les moyennes et écarts types des deux groupes. Si vous présentez une corrélation, les moyennes peuvent être utiles dans un tableau descriptif placé avant la matrice de corrélations.
Pour revoir ce qui mérite d’être rapporté avant les tests, le résumé visuel des statistiques descriptives aide à distinguer les chiffres de contexte des chiffres d’inférence.
Exemple de formulation complète
Dans un travail en sciences de la santé sur l’adhésion médicamenteuse après une sortie d’hôpital, une phrase correcte pourrait être :
Les patients ayant reçu un appel de suivi ont rapporté une adhésion moyenne plus élevée (M = 7,82, ET = 1,10) que les patients du groupe témoin (M = 6,94, ET = 1,35), t(78) = 3,19, p = ,002, d = 0,71.
La phrase ne dit pas encore pourquoi ce résultat compte ; cela viendra dans la discussion. Dans le chapitre de résultats, elle établit d’abord le constat statistique.
Comment passer d’une sortie logicielle à une phrase APA lisible
Commencez par identifier l’hypothèse testée, puis extrayez uniquement les valeurs pertinentes de la sortie logicielle. Une phrase APA lisible suit souvent le même ordre : variable ou comparaison, direction du résultat, statistique, valeur p, taille d’effet et interprétation limitée.
Un processus en cinq étapes
Les logiciels donnent beaucoup plus d’informations que nécessaire. Votre travail consiste à trier, pas à recopier.
- Repérez la question ou l’hypothèse liée à l’analyse.
- Identifiez le test exact : test t indépendant, corrélation de Pearson, régression linéaire, etc.
- Notez les valeurs à rapporter : t, r, F, β, ddl, p, d, R² ou intervalle de confiance.
- Ajoutez les statistiques descriptives qui rendent le résultat compréhensible.
- Rédigez une phrase qui dit ce qui a été observé, sans annoncer une causalité non démontrée.
Cette méthode évite deux extrêmes : une phrase trop pauvre et une page saturée de tableaux logiciels.
Exemple faible et version révisée
| Version faible | Version plus solide |
|---|---|
| « Le test t est significatif, donc les étudiants motivés réussissent mieux. » | « Les étudiants déclarant une motivation élevée ont obtenu une moyenne d’examen plus élevée (M = 14,10, ET = 2,30) que ceux déclarant une motivation faible (M = 12,40, ET = 2,80), t(96) = 3,25, p = ,002, d = 0,66. » |
| « Il y a une corrélation entre anxiété et sommeil. » | « L’anxiété déclarée est négativement corrélée à la qualité du sommeil, r(118) = -,42, p < ,001, ce qui indique qu’un score d’anxiété plus élevé est associé à une qualité de sommeil plus faible. » |
| « La régression prouve que la formation améliore la performance. » | « Le nombre d’heures de formation prédit positivement la performance commerciale, β = ,31, p = ,014, après contrôle de l’ancienneté ; le modèle explique 18 % de la variance, R² = ,18. » |
La version révisée ne rend pas le résultat plus impressionnant ; elle le rend vérifiable.
Attention à la décimale et aux italiques
En APA, les symboles statistiques comme t, p, r, F, M et ET sont généralement en italique, tandis que les lettres grecques comme β peuvent suivre les conventions de votre département. En français, certaines facultés utilisent la virgule décimale ; d’autres demandent le point décimal pour rester proches des normes APA anglophones. Le plus sûr est de vérifier la consigne, puis d’être cohérent dans tout le document.
Comment présenter un test t APA sans surcharger le paragraphe
Pour présenter un test t APA, indiquez le type de comparaison, les moyennes et écarts types des groupes, la valeur t, les degrés de liberté, la valeur p et une taille d’effet comme d de Cohen. La phrase doit dire quel groupe obtient la moyenne la plus élevée et éviter de transformer une différence observée en preuve causale si le design ne le permet pas.
Test t pour échantillons indépendants
Le test t pour échantillons indépendants compare deux groupes distincts. Par exemple, dans une étude en éducation, vous pourriez comparer la note moyenne d’étudiants ayant suivi un tutorat facultatif à celle d’étudiants ne l’ayant pas suivi.
Formulation possible :
Les étudiants ayant participé au tutorat ont obtenu une note moyenne plus élevée (M = 15,20, ET = 2,10) que les étudiants n’y ayant pas participé (M = 13,80, ET = 2,40), t(84) = 2,86, p = ,005, d = 0,62.
Cette phrase présente la direction, les descriptifs, le test et l’ampleur de la différence. Elle ne dit pas que le tutorat « cause » la réussite, sauf si le dispositif de recherche permet réellement une inférence causale.
Test t apparié
Le test t apparié compare les mêmes participants à deux moments ou dans deux conditions. Dans une étude en soins infirmiers, vous pourriez mesurer la confiance des étudiants avant et après une simulation clinique.
Formulation possible :
La confiance clinique moyenne était plus élevée après la simulation (M = 4,10, ET = 0,62) qu’avant la simulation (M = 3,45, ET = 0,71), t(39) = 5,12, p < ,001, d = 0,81.
Ici, les degrés de liberté correspondent souvent au nombre de paires moins un. Si votre logiciel affiche plusieurs lignes parce que l’hypothèse d’égalité des variances est testée, choisissez la ligne adaptée et signalez la correction si elle est utilisée.
Test significatif ou non significatif
Un résultat non significatif se rapporte aussi avec précision. N’écrivez pas « il n’y a aucun effet » si le test ne permet pas de l’affirmer. Écrivez plutôt :
La différence de satisfaction entre les deux groupes n’était pas statistiquement significative, t(52) = 1,21, p = ,231, d = 0,33.
Cette formulation indique que l’analyse n’a pas fourni de preuve statistique suffisante d’une différence, tout en donnant l’ampleur observée. Pour choisir le bon test avant d’arriver à cette étape, l’arbre de décision visuel pour choisir un test statistique peut éviter une incohérence entre question, variables et analyse.
Comment présenter une corrélation APA de manière correcte
Pour présenter une corrélation APA, indiquez les deux variables, le type de corrélation, le coefficient r, les degrés de liberté ou l’effectif selon la consigne, la valeur p et la direction de l’association. La phrase doit parler d’association, pas de causalité, sauf si un autre design de recherche le justifie.
Corrélation de Pearson
La corrélation de Pearson examine une relation linéaire entre deux variables quantitatives. En psychologie, un exemple fréquent serait l’association entre anxiété sociale et fréquence d’évitement.
Formulation possible :
L’anxiété sociale était positivement corrélée à la fréquence d’évitement, r(126) = ,48, p < ,001. Les participants ayant des scores d’anxiété sociale plus élevés rapportaient donc plus de comportements d’évitement.
La première phrase donne le résultat statistique. La deuxième l’explique dans un langage accessible, sans ajouter d’idée non testée.
Corrélation de Spearman
La corrélation de Spearman convient souvent lorsque les variables sont ordinales ou lorsque les conditions d’une corrélation de Pearson ne sont pas satisfaites. Dans un travail en management, vous pourriez analyser l’association entre le rang de satisfaction des employés et le rang de perception du soutien managérial.
Formulation possible :
La satisfaction au travail était positivement associée à la perception du soutien managérial, ρ = ,36, p = ,008, ce qui suggère que les répondants plus satisfaits tendaient aussi à évaluer le soutien managérial plus favorablement.
Si votre enseignant demande systématiquement l’effectif, ajoutez N = 54 dans le texte ou dans le tableau.
Corrélation ne signifie pas causalité
Une corrélation peut être compatible avec plusieurs explications. Si la qualité du sommeil est corrélée au stress, le stress peut contribuer au mauvais sommeil, le mauvais sommeil peut augmenter le stress, ou une troisième variable peut jouer un rôle. Le chapitre de résultats doit rester descriptif et inférentiel ; l’explication théorique appartient davantage à la discussion.
La prudence est particulièrement utile dans les études transversales par questionnaire. Si vos variables ont été mesurées au même moment, utilisez « est associé à », « est corrélé à » ou « varie avec », plutôt que « entraîne » ou « améliore ».
Comment présenter une régression APA dans un travail de licence ou de master
Pour présenter une régression APA, indiquez ce que prédit le modèle, les variables prédictives, la variance expliquée, le test global du modèle et les coefficients utiles. Pour chaque prédicteur important, donnez au minimum le coefficient standardisé ou non standardisé, la valeur p et une interprétation claire de la direction.
Régression linéaire simple
Une régression linéaire simple analyse la relation entre un prédicteur et une variable dépendante quantitative. Dans un travail en éducation, vous pourriez examiner si le temps hebdomadaire consacré à une plateforme d’apprentissage prédit la note finale.
Formulation possible :
Le temps hebdomadaire passé sur la plateforme prédisait positivement la note finale, β = ,29, p = ,011. Le modèle expliquait 8 % de la variance des notes, R² = ,08, F(1, 92) = 6,78, p = ,011.
Le lecteur comprend ici deux choses : le prédicteur est associé à une note plus élevée, et l’ampleur globale du modèle reste modérée.
Régression multiple
Une régression multiple inclut plusieurs prédicteurs. Elle sert souvent à examiner si une variable reste associée à la variable dépendante après contrôle d’autres variables.
Exemple en sciences de la santé :
Le modèle incluant l’âge, le nombre de consultations de suivi et le soutien familial prédisait significativement l’adhésion au traitement, F(3, 116) = 9,42, p < ,001, R² = ,20. Le soutien familial était le seul prédicteur significatif, β = ,34, p < ,001, alors que l’âge, β = -,09, p = ,284, et le nombre de consultations, β = ,15, p = ,087, ne l’étaient pas.
Cette version montre le modèle global et les contributions individuelles. Elle évite de commenter chaque coefficient comme s’il avait la même importance.
Coefficients standardisés et non standardisés
Le coefficient non standardisé B indique le changement attendu dans la variable dépendante pour une unité de changement du prédicteur. Il est utile quand l’unité a du sens, par exemple une heure de formation ou un point à une échelle.
Le coefficient standardisé β permet de comparer l’importance relative des prédicteurs mesurés sur des échelles différentes. Il est courant dans les travaux étudiants, mais il ne remplace pas toujours B.
Si votre méthodologie n’est pas encore stabilisée, vérifiez d’abord l’alignement entre question, données et design de recherche avec aligner question, données et design de recherche. Une régression bien rédigée ne compense pas un modèle mal choisi.
Comment choisir entre texte, tableau et figure pour rédiger des statistiques en APA
Utilisez le texte pour les résultats principaux, un tableau pour plusieurs résultats comparables et une figure lorsque la forme visuelle de la relation aide réellement la compréhension. En APA, le tableau ou la figure ne remplace pas le paragraphe : le texte doit orienter le lecteur vers le résultat à retenir.
Quand le texte suffit
Le texte suffit lorsqu’un résultat est simple : un test t, une corrélation centrale, ou un modèle de régression avec peu de prédicteurs. Dans ce cas, un tableau complet peut alourdir le chapitre sans améliorer la compréhension.
Exemple :
La satisfaction était plus élevée dans le groupe ayant reçu un retour individualisé que dans le groupe témoin, t(70) = 2,44, p = ,017, d = 0,58.
Cette phrase est assez complète pour un résultat isolé. Ajouter un tableau entier pour une seule comparaison serait souvent inutile, sauf demande explicite.
Quand un tableau devient préférable
Un tableau est préférable lorsque plusieurs variables, groupes ou coefficients doivent être comparés. En APA, le tableau doit être lisible seul, mais le texte ne doit pas répéter toutes ses cellules.
| Situation | Version faible | Version plus adaptée |
|---|---|---|
| Trois tests t sur trois sous-échelles | « Les résultats sont dans le tableau 2. » | « Le groupe expérimental obtient des scores plus élevés sur l’autonomie et l’engagement, mais pas sur l’anxiété ; les résultats détaillés figurent dans le tableau 2. » |
| Matrice de corrélations | « Toutes les corrélations sont affichées ci-dessous. » | « Les corrélations les plus fortes concernent le stress et le sommeil, ainsi que le stress et l’épuisement ; la matrice complète est présentée dans le tableau 3. » |
| Régression multiple à cinq prédicteurs | « Le tableau montre la régression. » | « Le modèle explique 24 % de la variance ; seuls le soutien social et la charge de travail contribuent significativement au score d’épuisement. » |
| Résultat non significatif | « Rien n’est significatif. » | « Aucun prédicteur n’atteint le seuil de signification statistique, mais la direction des coefficients est rapportée pour transparence. » |
Le tableau sert la transparence. Le paragraphe sert la lecture.
Quand une figure aide vraiment
Une figure est utile pour montrer une tendance, une interaction ou une distribution. Pour une corrélation, un nuage de points peut aider à vérifier si la relation est linéaire ou influencée par quelques valeurs extrêmes. Pour une régression, une figure peut montrer les valeurs prédites, mais elle ne doit pas remplacer les coefficients.
Évitez les figures décoratives. Si la figure ne rend pas l’interprétation plus rapide, gardez le résultat dans le texte ou dans un tableau.
Quelles erreurs les étudiants font-ils souvent quand ils présentent des résultats statistiques
Les erreurs les plus fréquentes viennent moins du calcul que de la formulation : copier la sortie logicielle, oublier la taille d’effet, confondre association et causalité, ou commenter les résultats dans la mauvaise section. Une correction efficace consiste à revenir à l’hypothèse, puis à sélectionner les chiffres nécessaires pour y répondre.
Erreurs typiques et corrections
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Copier-coller la sortie du logiciel
Exemple étudiant : « Independent Samples Test: Levene’s Test F = 1,204, Sig. = ,276, t-test for Equality of Means Sig. (2-tailed) = ,018. »
Correction : transformez la sortie en phrase : « Le groupe expérimental a obtenu un score moyen plus élevé que le groupe témoin, t(62) = 2,43, p = ,018, d = 0,61. » -
Écrire “significatif” sans donner l’ampleur
Exemple étudiant : « La différence entre les deux groupes est significative, donc l’intervention fonctionne. »
Correction : ajoutez la taille d’effet et limitez l’interprétation : « La différence est statistiquement significative et d’ampleur moyenne, d = 0,55 ; les données suggèrent un score plus élevé dans le groupe intervention. » -
Confondre corrélation et causalité
Exemple étudiant : « Le stress diminue la satisfaction académique, car r = -,39. »
Correction : écrivez : « Le stress est négativement associé à la satisfaction académique, r = -,39, p = ,003. » La causalité devra être justifiée ailleurs, si le design le permet. -
Oublier les variables exactes
Exemple étudiant : « La régression est significative avec la performance. »
Correction : nommez les variables : « Le sentiment d’efficacité personnelle prédit positivement la performance déclarée en stage, β = ,27, p = ,021. » -
Mélanger résultats et discussion
Exemple étudiant : « Ce résultat montre que les étudiants manquent de discipline à cause des réseaux sociaux. »
Correction : dans les résultats, écrivez seulement ce que les données montrent : « Le temps passé sur les réseaux sociaux est négativement corrélé au temps d’étude déclaré, r(102) = -,31, p = ,002. »
Le problème du seuil de p
Beaucoup d’étudiants écrivent comme si p < ,05 séparait le vrai du faux. Ce seuil est une convention, pas une frontière magique. Un résultat à p = ,049 et un résultat à p = ,051 peuvent être très proches dans les données, même si leur étiquette change.
Rapportez les valeurs exactes quand c’est possible, par exemple p = ,032 au lieu de p < ,05. Réservez p < ,001 aux cas où la valeur est très petite ou lorsque votre logiciel l’affiche ainsi.
Comment relier les résultats statistiques à la question de recherche
Reliez chaque résultat à la question ou à l’hypothèse qu’il teste, puis annoncez clairement si les données vont dans le sens attendu. Le lecteur ne doit pas deviner pourquoi un test apparaît dans le chapitre ni quelle partie de votre raisonnement il soutient.
Partir de l’hypothèse, pas du logiciel
Un chapitre de résultats bien organisé suit la logique du projet. Si votre hypothèse 1 porte sur une différence de moyenne, le test t correspondant doit apparaître sous cette hypothèse. Si votre hypothèse 2 porte sur une association, la corrélation doit être présentée ensuite.
Cette structure évite les paragraphes du type « Nous avons aussi testé… » sans lien clair. Pour construire cette cohérence plus tôt dans le travail, la page sur la progression entre but, objectifs et hypothèses de recherche peut vous aider à vérifier que chaque analyse a une fonction.
Trois exemples disciplinaires
En psychologie sociale, une hypothèse pourrait annoncer que les étudiants ayant un fort sentiment d’appartenance universitaire rapportent moins d’anxiété académique. Le résultat attendu se prête à une corrélation ou à une régression selon le plan : « Le sentiment d’appartenance prédit négativement l’anxiété académique, β = -,41, p < ,001. »
En sciences infirmières, une question peut porter sur la différence de confiance clinique avant et après une simulation. Le test t apparié répond directement à cette structure : « La confiance clinique augmente entre la mesure prétest et la mesure post-test, t(44) = 4,76, p < ,001. »
En management, une étude peut examiner si le soutien managérial et l’autonomie prédisent l’engagement au travail. Une régression multiple permet alors de montrer quels prédicteurs restent associés à l’engagement lorsque les autres sont inclus.
Ne pas cacher les résultats inattendus
Un résultat non significatif ou contraire à l’hypothèse n’est pas une catastrophe académique. Il doit être rapporté avec la même rigueur qu’un résultat attendu. Les enseignants évaluent souvent la cohérence de votre raisonnement plus que le fait d’obtenir un résultat spectaculaire.
Vous pouvez écrire :
Contrairement à l’hypothèse, la charge de travail perçue n’était pas significativement corrélée à la satisfaction académique, r(88) = -,14, p = ,192.
La discussion expliquera ensuite des raisons possibles : mesure imparfaite, effectif limité, variable médiatrice absente, ou hypothèse théorique à réviser.
Comment vérifier son chapitre de résultats avant de passer à la discussion
Vérifiez votre chapitre de résultats en contrôlant la cohérence entre hypothèses, tests, chiffres rapportés et interprétations. Avant de rédiger la discussion, chaque paragraphe statistique doit permettre au lecteur de savoir ce qui a été testé, ce qui a été observé et avec quelle prudence l’interpréter.
Contrôle de cohérence
Relisez chaque sous-section comme si vous ne connaissiez pas votre fichier de données. Si la phrase ne permet pas d’identifier les variables, le groupe comparé ou le modèle testé, elle doit être réécrite. Si le paragraphe contient une explication causale, demandez-vous si elle appartient plutôt à la discussion.
Un bon test pratique consiste à cacher les tableaux et à lire uniquement le texte. Le lecteur comprend-il les résultats principaux ? Ensuite, cachez le texte et regardez les tableaux. Les valeurs correspondent-elles exactement aux phrases ?
Avant de continuer : checklist pour présenter des résultats statistiques
- Chaque analyse est liée à une question de recherche ou à une hypothèse précise.
- Les statistiques descriptives utiles sont données avant ou avec les tests.
- Les symboles statistiques sont formatés de façon cohérente avec les normes APA demandées.
- Les degrés de liberté sont indiqués pour les tests qui les requièrent.
- Les valeurs p sont exactes quand le logiciel les fournit.
- Une taille d’effet est rapportée lorsque c’est pertinent.
- Les corrélations sont décrites comme des associations, pas comme des causes.
- Les régressions distinguent le modèle global et les prédicteurs individuels.
- Les tableaux ne répètent pas inutilement tout ce qui est déjà dans le texte.
- Les résultats non significatifs sont présentés sans être dissimulés.
- La discussion théorique n’envahit pas le chapitre de résultats.
Dernière relecture avant dépôt
Avant de déposer votre travail, vérifiez aussi la cohérence terminologique. Si vous appelez une variable « engagement académique » dans la méthode, ne l’appelez pas « motivation » dans les résultats. Si vous utilisez « groupe expérimental » au début, ne passez pas soudainement à « groupe intervention » sans raison.
La précision statistique est une forme de respect du lecteur. Elle montre que votre résultat n’est pas seulement produit par un logiciel, mais intégré dans un raisonnement de recherche lisible.
Liens internes recommandés
(Métadonnées du système de construction — ne pas supprimer cette section)
- Résumé visuel des statistiques descriptives
- Arbre de décision visuel pour choisir un test statistique
- Aligner question, données et design de recherche
- Progression entre but, objectifs et hypothèses de recherche
Questions fréquentes
Combien de chiffres faut-il donner pour présenter un test t APA ?
Donnez généralement les moyennes, les écarts types, la valeur *t*, les degrés de liberté, la valeur *p* et une taille d’effet comme *d* de Cohen. Si votre enseignant demande un intervalle de confiance, ajoutez-le pour la différence de moyennes. Évitez de copier toutes les colonnes de la sortie logicielle.
Quelle est la différence entre présenter une corrélation APA et une régression APA ?
Une corrélation APA présente surtout l’association entre deux variables avec *r* et *p*. Une régression APA présente un modèle prédictif avec *R*², un test global du modèle et des coefficients pour les prédicteurs. La régression permet aussi d’inclure plusieurs variables explicatives dans le même modèle.
Peut-on écrire “p < 0,05” dans un travail de licence ?
Oui, mais il vaut souvent mieux donner la valeur exacte, par exemple *p* = ,032, si le logiciel la fournit. Pour un travail de licence ou de baccalauréat, suivez surtout les consignes de votre enseignant. Gardez le même format dans tout le document.
Comment rédiger des statistiques en APA quand le résultat n’est pas significatif ?
Rapportez le résultat avec les mêmes éléments qu’un résultat significatif : statistique, degrés de liberté, valeur *p* et taille d’effet si pertinente. Écrivez que le test ne montre pas de différence ou d’association statistiquement significative, plutôt que « il n’y a aucun effet ». Cette formulation reste plus prudente.
Faut-il mettre tous les résultats statistiques dans un tableau ?
Non, seuls les ensembles de résultats nombreux ou comparables méritent souvent un tableau. Un résultat central et simple peut être présenté dans le texte. Le tableau devient utile pour plusieurs corrélations, plusieurs coefficients de régression ou plusieurs comparaisons entre groupes.
Un étudiant de master doit-il présenter plus de détails statistiques qu’un étudiant de licence ?
Souvent oui, surtout si le mémoire de master repose fortement sur une analyse quantitative. On attend généralement plus de justification méthodologique, de tailles d’effet, d’intervalles de confiance et de vérification des conditions d’analyse. Les exigences exactes restent celles de votre programme.



